Guillaume de Baskerville

15 février 2007

Société de consommation

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Nous compliquons trop nos existences. Mon père disait : « Nous sommes possédés par nos possessions. » Le désert nous apprend à nous soustraire des futilités et inutilités. Dans son espace, nous sommes à la limite de la survie. Les grandes cités nous submergent de superflu dans tous les domaines. Ces boutiques de gadgets, cette marée de nourriture, de vêtements. Ces maisons envahies par quantité de meubles et de bibelots. Tout cela incite les gens à posséder, acheter tout à crédit, y compris leur vacances. Placés dans une spirale infernale, ils sont dépendants de la société de consommation. Alors que la source du bonheur est en nous-mêmes. Pour certains, je crains que cette nappe phréatique ne soit tarie. Même les enfants sont blasés par un déluge de jouets.

   

Théodore Monod, "Le chercheur d’absolu

   

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27 octobre 2006

Ouvrir l'esprit

 

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Photo de Frederic sur flickr
   

      

Le désert nous réapprend les gestes naturellement rituels, inscrits, voire érigés par le cosmos. Un homme soumis à la modernité et au béton est démuni dans un tel monde, s’il ne se rénégère pas aux deux niveaux essentiels qui le structurent verticalement et horizontalement : la Terre et le ciel. Le citadin n’est plus le fils de ces deux éléments nourriciers. Cette éternelle division entre Matière et Esprit doit cesser, comme cette idée trop répandue que le scientifique est le premier adepte de cette césure. La Matière est animée par l’Esprit. La montée de la vie et celle de l’esprit sont liées. Certains individus sont porteurs d’espoir. Quelques consciences sont capables de résister à la tradition guerrière. Une poignée de résistants ne se laisse pas domestiquer par la mise en condition générale. Les contestataires, même s’ils sont une goutte d’eau dans la mer, touchent les gens, ouvrent des esprits.

 

de Théodore Monod, Le chercheur d’absolu

   

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07 septembre 2006

Quel purin cette histoire d'orties !

(histoire romancée, toute confusion avec la réalité étant un effet de l’imagination des lecteurs)

La grande ortie, Urtica dioica, est une "mauvaise herbe" bien connue qui pousse dans les endroits riches en matière organique, anciennes décharges ou fumières, bords des chemins, terrains vagues, etc. C’est une plante vivace, dont les touffes vivent donc de nombreuses années.
Frère Séverin conseille qu’on lui réserve quelques mètres carrés dans le jardin, à l'écart des parcelles cultivées.
En dehors de ses utilisations alimentaires _ les jeunes pousses font d’excellentes soupes_ et fourragères à l'état sec, Frère Séverin apprécie l'ortie car cette plante aurait un effet régulateur sur le fer et l'azote du sol. Elle stimule la croissance des cultures, les protège des maladies et elle favorise la transformation des matières organiques en humus.

Comme vous l’avez peut être appris de ma vieille amie Keridwen qui utilise du purin d'ortie comme engrais, les utilisations des orties au jardin sont multiples.
Il paraît que le nouveau frère cellerier conserverait les fruits frais d’été, abricots, pêches,  dans quelques branches d’orties fraîchement coupées et les fruits d’hiver, pommes, poires dans des branches d’orties séchées.
Frère Séverin, quant à lui, dispose des orties hâchées directement dans les trous de plantations des pommes de terre ou des tomates, par exemple. Il dit que ça les protège contre les maladies et que ça fertilise le sol. Il me semble l’avoir lu aussi dans quelque ouvrage de la bibliothèque.
J’ai vu également les frères, munis de gants de cuir, mettre des orties en couvre-sol entre les plantations et de grandes brassées dans le tas de compost pour activer la formation de l’humus.
Un jour que j’errais derrière la grande tour du couvent, une forte odeur m’étreint. A ma demande d’information auprès d’un frère qui psalmodiait par là, j’appris qu’il s’agissait du fameux purin d’ortie de Frère Séverin.
L'ortie a une teneur élevée en éléments fertilisants qu'elle sait puiser dans les profondeurs du sol. En fermentant dans l'eau, elle libère de nombreuses substances, azote ammoniacal, fer, hormones végétales, vitamines, etc. qui font du purin obtenu un stimulant biologique plus encore qu'un véritable engrais.
Recette du purin d’ortie de Frère Séverin, herboriste du couvent de Saint-Umberto :
Prendre des orties, tiges et feuilles fraîches jusqu'à la fleur mais non grainées et éventuellement racines. Dans un récipient non métallique, en bois de préférence, mettre 50 à 100 grammes d'ortie pour 10 litres d'eau ; tasser avec une pierre avant de recouvrir avec l'eau, de pluie de préférence.
Attention : Il faut toujours utiliser ce purin rapidement. Il ne se conserve pas et s'altère en vieillissant : d'où préparer juste la quantité nécessaire.

Le purin d'ortie  de Frère Séverin comme insecticide et engrais :

Durée de macération :
Traitement insecticide : 2 jours contre les pucerons et les insectes.
Traitement insecticide + activation du sol ce qui est le cas le plus fréquent : 4 jours. Une odeur typique de purin apparaît. Pour l'atténuer, ajouter des feuilles d'angélique à la macération. On observe aussi, souvent, des larves d'éristales, sortes de gros asticots inoffensifs munis d'un siphon respiratoire, qui jouent un rôle dans l'évolution du purin d'ortie.
Pulvériser, après filtration et dilution à raison d'un litre de purin pour 10 litres d'eau, sur le sol et les plantes, une fois toutes les deux semaines environ. Ne pas pulvériser sur les plants de tomate, de concombre, uniquement le sol ! Car l'humidité ainsi créée pourrait favoriser le développement de certaines maladies.
Après dilution, 1 litre de purin pour 10 litres d'eau, arroser au pied des plantes dont il faut activer la pousse des feuilles, y compris les arbres et la arbustes souffreteux. Ne pas arroser au purin d'ortie des plantes portant des fruits destinés à la conservation comme les potirons et les pommiers en particulier.

***

Cette note a été corrigée suite à l’alerte donnée par Nessy, la vouivre du Lac et notre vieille amie Keridwen, nous apprenant que tout produit fabricable soi-même et utilisable pour la protection des plantes de façon naturelle était condamnable de deux années de prison et d'une amende de soixante-quinze mille euros. Argent que les frères ne possèdent pas, cela va sans dire. Au risque de subir la visite des Grands Inquisiteurs qui menacent Frère Guillaume de Baskerville et Frère Séverin l'herboriste, la note a été publiée mais en précisant bien  qu’elle ne devait être considérée comme autre chose qu'un extrait d’opuscule fantaisiste en prose destiné à servir d’excercice de calligraphie aux jeunes moines copistes.
Informations complémenataires : ici
(chez la belle Isabelle)

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19 juillet 2006

insomnie de fleurs


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Le frère Séverin m'a concocté une tisane hier soir

4 pétales de coquelicot
4 pétales d'escholtzia
5 fleurs de matricaires
9 pétales de rose
5 pistils de coquelicot

J'ai pu dormir en paix et chanter matines puis laudes dès l'aurore

   

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16 juillet 2006

Don

« Le don s’oppose aux mécanistes et déterministes pour se rapprocher de la vie. Le don, c’est l’état d’une personne qui, résistant à l’entropie, transcende l’expérience mécanique déterministe de la perte en se reliant à l’expérience de la vie, à l’apparition, à la naissance, à la création. »

« Le don, c’est le système de circulation des choses qui demande le plus de confiance en autrui. »

« Chaque don est la répétition de la naissance, de l’arrivée de la vie ; chaque don est un saut mystérieux hors du déterminisme. C’est pourquoi le don s’accompagne souvent d’un certain sentiment d’euphorie et de l’impression de participer à quelque chose qui dépasse le déterminisme de l’ordre matériel. »


Jacques T. Godbout, le langage du don

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01 juillet 2006

Le Mythe et l'Histoire

   
   
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Mosaïque - Eglise de Tréhorenteuc

   
 

L’Histoire m’est toujours apparue comme un mensonge délibéré, destiné à orienter, selon les circonstances et les idéologies au pouvoir, à mener les peuples dans une direction choisie par ceux qu’on persiste à appeler les «élites» et qui ne sont que les manipulateurs des sociétés. J’ai dit ailleurs (dans "Les Celtes et la civilisation celtique" et "La Tradition celtique"), que je considérais l’Histoire comme une matérialisation du mythe, ce mythe étant une structure mentale inhérente à l’humanité, mais qui, en tant que tel, équivaut au néant : la seule façon de prouver l’existence du mythe, c’est de le reconnaître dans sa matérialisation, dans son incarnation par des hommes et des femmes qui, au moment opportun, cristallisent les pulsions inconscientes de cette humanité à la recherche d’elle-même. Je n’ai pas changé d’opinion. Je l’ai seulement affinée et surtout, j’ai tenté de la rendre plus compréhensible, plus adaptée aux mutations que notre société universaliste et industrielle fait subir aux valeurs primitives trop longtemps considérées comme immuables, dogmatiques, et donc parfaitement stériles. L’Histoire suscite ses héros lorsqu’elle en ressent la nécessité. Mais, comme le Libre Arbitre est la seule richesse de l’être humain (même s’il n’existe que dans la proportion de un pour cent !), le héros, quel qu’il soit, influe sur le déroulement de l’Histoire. Les chemins qui montent sont aussi ceux qui descendent.
Cette digression sur le Mythe et l’Histoire n’est pas inutile, car elle permet de mesurer la distance qui sépare la plupart du temps l’événement historique qui a effectivement eu lieu, et le récit qui en est donné par la suite, quelle que soit l’objectivité, ou même la bonne volonté, de ceux qui se chargent d’animer ce récit. Le Mythe étant pure potentialité, il n’a d’existence reconnue que grâce au récit (épopée, conte, légende) qui le concrétise et le rend accessible à la compréhension des auditeurs ou des lecteurs. Mais il en est de même pour l’Histoire. Celle-ci, se trouvant de facto dans un Passé qui n’est plus mesurable que par souvenirs (mémoire, écrits, monuments divers), apparaît dans la même situation que le Mythe. Et pour la rendre concrète et vivante, compréhensible et accessible à tous, il convient de lui donner un corps, que ce corps soit de l’histoire événementielle ou de savants diagrammes codés faisant intervenir les notions les plus scientifiques. Mais c’est là où tout risque d’être faussé. Car quel crédit peut-on accorder aux témoignages de ce passé ? Même en s’entourant des meilleures garanties d’authenticité, on risque de s’égarer à travers des erreurs d’appréciation ou des faiblesses de sensibilité. L’objectivité pure n’est qu’un leurre, et de toute façon, le regard qu’on projette sur le passé se trouve dans la complète dépendance d’un regard actuel, chargé des motivations les plus diverses et des interprétations les plus abusives. Mythe et Histoire subissent donc un sort identique.

De Jean Markale (extrait de Rennes-Le-Château et l'énigme de l'or maudit)
   
   
   

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La Table Ronde - Eglise de Tréhorenteuc

   

Les Romains ont historicisé les mythes et les Celtes mythifié l’histoire.

D’après Jean Markale, lors d’une conférence à Tréhorenteuc le 27 juillet 1999

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29 juin 2006

Juger

   
   
   

bernini

 
   
   

Pour ne pas juger les autres, il ne faut pas les fréquenter. Car la moindre des politesses, dans la fréquentation, c’est l’estime. Et l’estime est un jugement. D’autre part, on ne nous laisse pas le droit de ne pas juger.

   

Georges Perros, "Papiers collés"

   

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15 juin 2006

Chant du premier matin du monde

   
   
insecte
   
   
   
La brise vagabonde
A caressé les fleurs.
Je t'écoute de tout mon cœur,
Chant du premier matin du monde.
   
   
   

André Gide, "Les Nourritures terrestres"

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12 juin 2006

Totalitarisme

   

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île d'Houat-2005


Jamais l’homme n’a eu tant de moyens à sa disposition, jamais il n’a été dans une aussi parfaite ignorance des fins auxquelles il devait les appliquer. La civilisation vraie se définira par ses fins, qui seront nécessairement la culture des attributs distinctifs de l’humanité, ceux que l’homme est seul à posséder. En vitesse il sera battu par la gazelle, en diligence par la mouche maçonne, en force par l’éléphant, en férocité par la panthère, et les fourmis réaliseront mieux encore que lui l’Etat totalitaire. Ce qui lui appartient en propre c’est la raison qui poursuit la vérité, le sens du juste et de l’injuste qui conditionne la vie morale, l’émotion esthétique, à la recherche de la beauté. Pas de civilisation véritable dans une société qui ne fera pas la place à ces trois éléments. Donc pas de civilisation possible dans une société où l’homme n’est plus libre de penser, d’agir, de créer, sous un régime totalitaire par exemple.


   

Théodore Monod, "Le chercheur d’absolu"

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30 mai 2006

L’Un et le Multiple

   

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Tarbésou - mai 2006

   

Nous sommes quand même le produit d’une nébuleuse primitive dont notre sang porte les éléments, un morceau de l’univers. Tout est d’un seul tenant.

   

Théodore Monod, "Le chercheur d’absolu"

   

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